LE BAO BURGER PAR STÉPHANE SISENG, LA JUNK FOOD SE LÈVE À L’EST

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Avant de devenir le resto-bobo-concept qui fait courir les Parisiens au quai de Jemmapes, Siseng est avant tout une histoire de famille. Si Stéphane Siseng est à l’initiative de ce spot à baos burgers ouvert avec son ami Kevin, maman Siseng n’est jamais bien loin ; vous aurez sans nul doute la chance de la croiser entre les fourneaux et la micro-salle à manger.

stephane siseng bao burger

Ici on sert, en take-away ou sur place — mais attention car il faut jouer des coudes pour obtenir une place, on a dû écraser deux ou trois barbus sur notre chemin — le fameux bao burger. Et oui, pas de pitié quand il s’agit de découvrir ce mastodonte de décadence, au visuel si foodporn et instagramesque qu’il convertirait le végétarien le plus orthodoxe. Marre des Big Fernand, Blend, PNY et autre Mamie Burger ? Foncez chez Siseng. D’autant que le service est hyper attentionné et réussit par sa gentillesse à faire oublier l’attente obligatoire avant de franchir la porte du resto.

LE BAO BURGER : UN CASSE-TÊTE CHINOIS ?

Mais non, c’est très simple : prenez la l’architecture du hamburger, une pièce de viande prise en sandwich entre deux buns, remplacez le pain par du bao et vous obtiendrez une petite bombe qui synthétise tout ce qui nous fait craquer dans la street food. Du sucré, du gras, du moelleux, mais ici les sauces viennent parfaitement équilibrer et donner du peps à cette junk food plus subtile qu’elle n’en a l’air.

stephane siseng bao burger

LE BAO BURGER DE STÉPHANE SISENG : HYBRIDE HIP

Le bao, rappelez-vous, c’est cette brioche chinoise blanche comme une savonnette, chewing-gumeuse à souhait et titillée par une pointe de sucre. Nous en avions dégusté à la boutique Yam’Tcha, cette fois fourré et non travaillé en pain à burger. Aux Etats-Unis, on avait craqué pour les pork buns, ceux d’Ippudo et de Dieci. Si régressifs et transgressifs.
Chez Siseng, la proposition est cousine de celle découverte à NYC. Sauf que, injure ultime à tous les amoureux de l’empire porcin, pas de cochon au menu des baos burgers du canal Saint-Martin. On se rabat donc sur le boeuf mariné aux cinq épices. La viande est de belle facture, les épices sont (trop) discrètes. En revanche, la sauce au tamarin et les oignons confits apportent relief et caractère. On fait également la peau au bao burger poulet : volatile pané, douce sauce basilic et lait de coco réveillée par des poivrons confits, coleslaw maison. Encore une fois l’équation est limpide et on y revient sans se poser de question.

stephane siseng bao burger

stephane siseng bao burger

Les accompagnements sont justes et on ne peut s’empêcher d’augmenter la balance calorifique déjà copieusement chargée de notre dîner. Les tempuras de légumes sont polies, mais solides ; la panure ne laisse pas une vilaine impression de gras dans la bouche et les légumes sont assez savoureux. Quant aux frites de patates douces, rassurantes et sucrées, elles pourraient bien leur voler la vedette.

stéphane siseng bao burger

UN BON COUP ?

Oui, pour une adresse en plein dans l’air du temps qui ose le mariage entre cuisine de rue et comfort food asiatisante. Une association à la limite du bon goût assumée et, il faut bien l’avouer, terriblement addictive. Pas de doute, vous en mettrez plein les mirettes à vos potes avec ce bao pour bobo.

L’addition : formule déjeuner 15€, bao burger 10€.  

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SISENG
82 quai de Jemmapes
75010 Paris
Quartier : République/Jacques Bonsergent/Goncourt
7.3 allez-y

Oubliez les nappes blanches et les couverts en argent, parfois ça fait du bien d'y aller avec les doigts. Chez Siseng, on ne méprise pas le gras et les doigts qui collent. Pour autant les baos burgers de Stéphane Siseng sont bien pensés, équilibrés, ni trop sucrés ni trop riches. Les deux versions, boeuf cinq épices et poulet pané, nous ont convaincu, tout comme les accompagnements (tempuras, frites de patate douce).

    About Author

    Co-fondatrice du Grumeau, Alice parcourt inlassablement Paris (et le monde) à la recherche des dernières bonnes adresses.

    3 commentaires

    1. micheline on

      Encore un texte bien écrit, drôle et percutant. De belles photos… Tout pour une visite à faire dare dare

    2. Je connais et j’adore. Il est vrai que c’est désormais un refuge pour bobos hipsters parisiens mais la nourriture y restent dé-li-cieu-seeee ! Comme vous le précisez Alice, cet endroit et cette gastronomie vous rendent addictifs, faites attention avant de succomber

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