SOMA, SO MOYEN

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On nous annonce un izakaya — comprenez bistrot en japonais — du tonnerre dans le Marais. Le chef, Sourasack Phongphet, a fait ses armes chez Ploum (Prix Fooding 2005, ce n’est pas rien). Le menu est court et va droit au but ; une dizaine d’assiettes à partager, tarifées de 7€ à 20€ environ. Sur le papier c’est très alléchant et on s’y jette à corps perdus.

soma restaurant japonais

Où l’on parle longuement de l’aubergine

soma restaurant japonais parisPour commencer, des aubergines braisées au gingembre (7€). On ne peut s’empêcher de penser au dernier épisode de Très Très Bon — dont nous ne ratons aucun épisode –, le génial François-Régis Gaudry avait fait remarquer que les fruits rouges en dessert, ce n’était pas vraiment de saison. Soma a rectifié le tir, les fruits rouges ont laissé place au fruit de la passion depuis. Mais dites, chef, proposer des aubergines en plein mois de décembre, c’est étonnant, non ? Quoiqu’il en soit, les aubergines en question n’ont plus vraiment le goût d’aubergine : les effluves fumées du braisage et le puissant gingembre ont achevé de le faire disparaître.

Une cuisine ambitieuse et semée d’embûches

En face, mon acolyte ne reste pas de marbre devant les Temaki Spicy Tuna (9€) . Il faut dire qu’ils sont volumineux, malheureusement la quantité prime sur la qualité. Sûrement pas au niveau des excellents makis de chez Sushi Marché pourtant affichés presque moitié moins cher.

soma restaurant japonais plats

Le Black Cod mariné au miso est plus intéressant ; ce poisson originaire du Pacifique est le cabillaud du gourmet. Sa chair est fondante et sa saveur très douce. Dommage qu’il soit en sous-cuisson, certains filets sont à peine cuits. Finalement, le plat le plus réussi reste le plus simple : un porc au gingembre très correct. La portion est généreuse et s’accompagne d’astucieuses pousses de soja. Le chef se rattrape bien, c’est savoureux et le porc a été parfaitement sauté. C’est une cuisine nippone à mille lieux du classicisme qu’on peut trouver parfois à Paris– comme chez le génial Hyotan — mais à trop vouloir en faire, Sourasack déçoit.

En dessert, le pain perdu au kombava et fruit de la passion (8€) est caramélisé et il s’accommode bien d’une boule de glace au thé vert. La portion n’est pas très généreuse, mais dois-je vous rappeler que nous sommes dans le Marais ?

soma desserts

Bilan ? Ca dépend ce que vous cherchez

Soma est une adresse d’ambiance, n’hésitez pas à y emmener vos amis assoiffés de lieux tendance où ce qu’il y a dans l’assiette compte moins que « les pierres grattées, banquette en bois pleine de coussins, comptoir sculpté, papier peint manga, lanternes » dont Le Fooding fait l’éloge. Pour une pause rapide, exotique et plus authentique, faites quelques pas de plus sur la rue de Saintonge pour le succulent Gyoza Bar. PS : Vous reconnaîtrez le staff de chez Soma à leur couvre-chef ; les serveurs ne se séparent jamais de leurs beaux bonnets et Sourasack arbore, lui, un surprenant chapeau de paille. Décidément, le chef est hors-saison.

L’addition : 30€ environ par tête au déjeuner.

SOMA • 13 Rue de Saintonge 75003 Paris +33 9 81 82 53 51 Quartier : Marais/Oberkampf/Bastille/

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5.0 Bof bof

Soma (entendez South Marais), c'est le nouveau restaurant japonais qui agite le Marais, rue de Saintonge précisément. On y trouve des plats plus "fusion" qu'authentiquement japonais : black cod mariné au miso, gros makis au thon, porc sauté au gingembre, ou encore un pain perdu au combava en dessert. L'addition est plutôt du genre salée : environ 30€ par tête.

  • Qualité 5
  • Ambiance 5
  • Prix 5

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5 commentaires

  1. N’y étant jamais allé je n’ai pas d’avis sur ce restau. C’est plutôt « le génial François-Régis Gaudry » qui me fait bondir.

    Vous avez déjà écouté son émission « on va déguster » sur France Inter ?
    C’est lénifiant de lieux communs. Il n’y a à peu près que Dominique Hutin qui s’en sorte. Pour le reste on passe les plats et on s’échange des recettes. Super.

    Son émission TV. Géniale ??? Sérieusement, arrêtez la plaisanterie. Celle de François Simon était sympa parce qu’il a du style et du phrasé. Le style Gaudry c’est… Oui c’est quoi ?

    Tout ça pour vous dire de garder votre qualificatif de génial pour quelque chose de… génial.

    Ce que n’est sûrement pas FRG…

    • Je ne suis pas vraiment d’accord. Sa chronique dans l’Express est de bonne qualité, tout autant que celle sur Paris Première. Je n’ai jamais écouté son émission sur France Inter. Quoiqu’il en soit, il fait partie des rares critiques gastro dans les médias traditionnels qui ne tombe pas dans la facilité du publi-communiqué (parfois à peine déguisé chez d’autres).

  2. Entre « génial » et « de bonne qualité » il y tout de même quelques pas.

    Malheureusement la faiblesse de la critique gastro en France fait qu’on encense des gens aussi tièdes que FRG.

  3. ça ne me donne pas trop envie d’y aller. As-tu testé Rice ans Fish pas très loin ? ça dépote et ça vaut 10 euros.
    J’ai testé Blueberry dans le même style (6ème) la semaine dernière : pas mal mais beaucoup trop cher.
    By the way, je chronique Sushi marché la semaine prochaine sur tes conseils.

    • Ayant testé Blueberry et Rice and Fish, je ne suis absolument pas d’accord avec vous !

      Blueberry est vraiment cher, ça ne vaut peut être pas le prix auquel les makis sont facturés mais dieu qu’est-ce que c’est bon ! C’est minutieux, travaillé, goûteux, et original. En plus, les makis sont plutôt gros, bien garnis et le riz ne prend pas le dessus sur les ingrédients le remplissant. Moi j’adore.

      Rice and Fish, après avoir entendu 10000 éloges sur ce lieu, je m’y suis aventurée et en ayant dépensé presque 30e par personne, on a rien vu de fou. C’est simple, et pas si bon que ça..

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