Sola, irrévérence et talent

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Sola nous a ébloui et même si nous avons parfois été égarés, notre dîner fut une une magnifique invitation au voyage. Les associations sont audacieuses et  Hiroki Yoshitake, le chef de cette table du 5ème arrondissement, sait s’amuser des codes de la grande cuisine française qu’il maîtrise à la perfection du bout de ses lames japonaises. Le résultat ? Une créativité délicate qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler le Miyabi, la table franco-nippone qui dynamite la Bourgogne.

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Un dîner chez Sola : quel est le prix à payer ?

Le cadre est rustique – grosses poutres apparentes – et le mobilier délicat. Téméraires que nous sommes, nous n’avons pas osé nous aventurer dans la salle du bas où l’on dîne à hauteur du sol. Et dans les assiettes ? Pas de carte chez Sola. Seulement un menu surprise. Certains se sentiront pris en otage par le chef, d’autre y verront sa volonté de toucher la quintessence des goûts dans chaque assiette. On opte pour la formule composée de neuf plats facturée 98€.

Les associations lunaires d’Hiroki Yoshitake, un funambule en cuisine…

Ça démarre fort avec ce qui pourrait ressembler à une bouchée de mont blanc. Mais les Japonais ont beau lire à l’envers, ils ne commencent pas le repas par le dessert. Il s’agit de foie gras mariné au miso et agrémenté de yuzu, de truffe noire et de marron. Le foie tire vers le sucré ; ça éclate comme un bonbon, acidulé mais puissant.

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Puis on se prend une baffe en plein dans les papilles. Le thon est taquiné de radis, de jaune d’oeuf vinaigré, de stracciatella et de wasabi. La chair du poisson est presque aussi tendre que du Bordier et les accompagnements lui donnent beaucoup de relief. Sans conteste un grand, très grand plat.

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Un peu moins convaincante, l’association bulot, crème d’ail, épinards, roquette, poireau et feuilles de moutarde. La décharge herbacée prend le dessus sur les notes iodées qu’on attendait plus présentes.
Davantage d’équilibre pour le plat de Saint-Jacques. Les crustacés s’entendent à merveille avec la purée de carotte. On monte dans les aigus avec une sauce à l’orange bien concentrée et l’émulsion au beurre apporte une rondeur bienvenue. C’est divin.

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Le king crabe et son beurre noisette au yuzu s’acoquine avec des spaghetti de pommes de terre. Osé et réussi. Jolis contrastes pour la sole — épaisse et magnifiquement cuite — au lard de colonatta. Rien à voir avec celle de l’Hexagone de Mathieu Pacaud. Les choux pointus et leurs cousins de Bruxelles présentent moins d’intérêt cependant. Et puis mon appétit commence à me jouer des tours quand arrive le porc. La mâche est un poil désagréable et l’association au miso ne me convainc pas.

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… qui ne manque pas souffle jusqu’au dessert

On sent bien que ce sont des cuisiniers et pas des pâtissiers en cuisine, et pourtant nous avons droit à des desserts séduisants de fraicheur. Une fraicheur bienvenue au terme d’un dîner si copieux. Morceaux de kiwi, tuile au kiwi, sorbet à l’orange, crème yuzu et compotée de framboise : encore une fois c’est jubilatoire. Le chef est un équilibriste qui maîtrise les accords de textures et la palette d’acidité.

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Le repas s’achève avec gourmandise sur un un dessert plus classique au chocolat, histoire de nous rappeler que nous sommes à Paris peut-être. Dommage.

EN DEUX MOTS : On vous recommande sans réserve de vous rendre chez Sola. Le prix s’oublie vite car vous y découvrirez des assiettes qu’on ne croise nulle part ailleurs. Chaque plat est ici une pièce de théâtre à lui tout seul, un petit bijou de précision qui vous intriguera sans aucun doute. Une créativité caressée de délicatesse qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler le Miyabi, la table franco-nippone qui dynamite la Bourgogne.

Prix des menus au restaurant Sola : menu déjeuner 48€, menu dîner à 98€.

SOLA
12 rue de l’Hôtel Colbert
75005 Paris
01 43 29 59 04
Quartier : Cluny La Sorbonne/Saint-Michel/Notre-Dame/Maubert

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8.0 Sublime
  • Qualité 9
  • Ambiance 7
  • Prix 8

About Author

Co-fondatrice du Grumeau, Alice parcourt inlassablement Paris (et le monde) à la recherche des dernières bonnes adresses.

Un commentaire

  1. Tout à fait d’accord avec vous sur cette adresse que j’affectionne également et que j’irais bien revisiter !

    Au fait : si si, aventurez vous au sous sol, on vous proposera des chaussons en échange de vos souliers et vous dînerez dans un cadre encore plus enchanteur, sous les voûtes naturelles…

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