LE TILLEUL DE SULLY, LA TRADITION A DU BON

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Sur la route du retour d’un séjour gersois, mon fidèle copilote s’est mis à la recherche d’une bonne auberge, histoire de se donner du courage avant de retourner à notre train-train parisien. Nous avions de nouveau déjeuné chez l’excellentissime Puits Saint-Jacques quelques jours plus tôt, nous étions donc à la recherche d’une adresse plus modeste.

C’est devenu une tradition qui nous a porté chance — souvenez vous de l’improbable mais désormais incontournable Morvan de Quarré-Les-Tombes. C’est à Montgibaud, petit village de Corrèze à quelques encablures de l’A20, qu’on a trouvé notre restoroute à nous.

SUR LES TRACES DE L’INTROUVABLE SULLY

Que vient faire Sully dans ce repas ? L’histoire n’est pas fascinante. Toujours est-il que même s’il n’a jamais mis les pieds à Montgibaud, un tilleul lui est dédié sur la place du bourg, et du même coup un restaurant. Bref, pas de quoi en faire tout un plat.

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La salle respire bon la rusticité mais la maison est bien tenue avec ses nappes blanches et sa porcelaine fine. Le menu à 18€ est une affaire. La terrine de foie gras parfumée au muscat est une entrée en matière idéale. La cuisson est bien maîtrisée et les tranches de pain de mie maison sont croustillantes à souhait.

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En face, c’est un méli-mélo plus improbable : rémoulade de carottes, crevettes, saucisson chaud, et foie gras. Pourtant, c’est étonnamment réussi. La fraîcheur de la rémoulade de carotte et des crevettes équilibre la lourdeur qu’on aurait pu craindre du combo foie gras et saucisson chaud. La vinaigrette aux poivrons rouges relève astucieusement l’ensemble.

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UN SEUL MOT D’ORDRE, LA GÉNÉROSITÉ

Quand viennent les plats, c’est la même profusion. On se laisse tenter par la pintade entièrement désossée, flanquée d’escalopines de riz de veau et d’un jus aux brisures de trompettes de la mort. La pintade a été soigneusement rôtie mais la chair reste tendre. On s’incline d’autant plus devant ce plat que le jus de la viande est exceptionnel, empreint de saveurs sans être inutilement lourd. Seul bémol ? Le mieux est parfois l’ennemi du bien. Même si les escalopines de riz de veau sont de belle facture, on aurait apprécié un meilleur équilibre entre l’omniprésence de la viande et l’accompagnement trop en retrait.

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En dessert, on opte pour la flognarde. Késako ? Une sorte de clafoutis aux prunes qui restera longtemps dans nos souvenirs. L’appareil est réussi, ni trop crémeux, ni trop élastique, et les prunes apportent une pointe d’acidité bienvenue. En face, mon acolyte a souhaité terminé le repas « en douceur » avec une tarte chocolat et sorbet cacao. Si vous êtes à la recherche d’une forte intensité chocolatée en fin de repas, c’est ce qu’il vous faut.

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UN BON COUP ?

Sans aucun doute. Le Tilleul de Sully et son menu déjeuner imbattable valaient bien ce détour hors du chemin tracé par notre GPS. On raffole de cette cuisine qui fait honneur au terroir local sans renoncer pour autant à la sophistication. Les plats pêchent parfois par un excès d’abondance mais difficile de reprocher la générosité par les temps qui courent.

L’addition : environ 20€ pour le menu déjeuner, qui dit mieux ?

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LE TILLEUL DE SULLY
Le Bourg, 19210 Montgibaud
+33 5 55 98 01 96
7.7 allez-y

Le Tilleul de Sully est un restaurant qui vaut le détour, littéralement. On ne s'arrête pas par hasard à Montgibaud, petit village perdu à quelques encablures de l'autoroute vers Limoges. Le menu du TIlleul de Sully est d'un rapport qualité/prix excellent, les amateurs de cuisine française traditionnelle mais pas simpliste apprécieront.

  • qualité 7
  • ambiance 8
  • prix 8

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5 commentaires

  1. micheline on

    On rêve de prix si doux pour des produits qui nous mettent l’eau à la bouche.
    C’est promis, nous nous y arrêterons dès que nous passons dans le coin.
    Encore de belles photos

  2. Il manque une morceau de phrase : (nous étions donc à la recherche d’une adresse plus modeste) et avons ainsi consulté le site restaurant.michelin.fr. La citation des sources ne ferait clairement pas de mal à la chronique de restaurant, cela permettrait de distinguer les apports effectifs et d’apprécier la diversité des appuis.

    • Merci pour cette critique constructive Michel. Je ne comprends pas pourquoi le Michelin devrait faire l’objet d’une citation ? Nous n’avons pas repris leur contenu. Deuzio, vous voyez souvent des publications qui citent l’origine de leur démarche ? Le Michelin lui même ne visite pas par hasard les restaurants dont-il fait la critique, n’est-ce pas ? Pourquoi ne citerait-il pas Madame Michu qui a envoyé une lettre pour recommander aux inspecteurs d’aller visiter tel ou tel restaurant ?
      Ce genre de citation me parait appropriée pour le monde de la recherche, pas pour les blogs de chroniques de restaurant. Nous n’avons jamais eu pour ambition de nous prendre pour des journalistes, notre formation est à mille lieux de ce beau métier, et nous n’avons aucun compte à rendre à la Commission des cartes de presse.

  3. Vous avez tout à fait raison, personne ou presque ne le fait, je trouve cela dommage et l’ai écrit afin d’avoir votre point de vue sur la question. il y a toutefois une différence entre une recommandation adressée au Michelin qui se contente de recenser et une chronique plus narrative qui décrit la rencontre avec un restaurant. L’identification d’une adresse fait aussi, me semble-t-il, partie intégrante de votre expérience de déjeuner. Néanmoins, cet élément est presque toujours manquant, je voulais en connaître la raison dans votre cas.

    • Je comprends votre démarche. Mais est-ce que cette chronique narrative ne perdrait pas de son charme si l’on mentionnait la personne ou le média qui nous a donné l’idée d’aller dans tel ou tel restaurant ? Vous avez raison sur le principe et on ne se leurre pas : nous n’allons que rarement par hasard dans les restaurants que nous testons sur le Grumeau. Néanmoins, je ne sais pas si cela apporterait quelque chose d’indiquer dans chaque article que notre visite fait suite à notre lecture du Michelin, du Fooding ou suite à la recommandation d’une personne en particulier. Je suis persuadé que certains ont un a priori négatif à l’encontre de certaines publications comme le Fooding ou le Michelin, et qu’on nous accuserait de népotisme parce qu’on aurait eu le malheur de tester un restaurant qu’ils recommandent

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