Roseval, tout n’est pas aussi rose qu’on nous l’avait promis

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roseval5Le Roseval, restaurant emblématique des chefs Simone Tondo et Michael Greenwold, se mérite. D’abord il faut prendre son mal en patience et réserver des semaines à l’avance, ensuite il faut mettre le cap sur le 20ème arrondissement, contrée parisienne reculée et mystérieuse. Mais le jeu en vaut la chandelle, parce qu’à la clé il y a un dîner avec Fabrice Ivara, du brillant blog Coup de Fourchette.

Le restaurant a beau avoir un nom de pomme de terre, la déco est loin de ressembler à un sac à patates, plutôt du genre hipster chic faussement négligé (oui, l’applique murale tordue vaut bien 3000€). Les prix au menu sont loin d’être négligés eux : menu unique à 45€ hors boissons, mais qu’importe si c’est bon.
Pour nous faire patienter, un bol de fera crue, oeufs de saumon et pomme granny smith, lance ce dîner tout en fraîcheur. Il y a de l’idée et on a hâte de découvrir la suite.

Les choses sérieuses commencent avec la raviole d’huître agrémentée d’un léger bouillon. C’est plutôt frais, les notes iodées se marient bien à la ricotta que contient aussi la raviole. Mon acolyte est frustrée car elle avait précisé qu’elle n’aimait pas l’huître et le chef a eu la délicate attention de la remplacer par du néant, du coup sa raviole est… virginale.

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Vient ensuite le lapin, cuisse et râble, accompagné d’un généreux jus. La cuisson du lapin est parfaite, l’équilibre entre la cuisse à la chair juste ferme et le râble fondant est parfait. Dommage que l’accompagnement ne soit pas très généreux. On le cherche quelques instants. On attend en pensant que le serveur va nous apporter une onctueuse purée et on se fait finalement à l’idée que les quatre micro feuilles de salade ne sont pas là par hasard.

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L’éclair de génie du dîner fut le pré-dessert, une merveilleuse panna cotta surmontée de fruits exotiques puissamment relevés par du chili. J’ai des frissons rien qu’en y repensant, c’était onctueux, crémeux, et épicé à la fois. Une panna cotta encore meilleure que celle du Neva Cuisine, c’est dire.
Le dessert est moins brillant : le sorbet au concombre qui accompagne le yaourt maison est un modèle de fraîcheur et de délicatesse. On est plus réservés sur le monticule de graines (trop) croquantes qui n’est pas très agréable en bouche.

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On sort de Roseval la queue entre les pattes, avec l’impression de n’avoir pas compris le génie de Tondo et Greenwold. Mon portefeuille s’en va léger lui mais il saura trouver les ressources nécessaires pour nous financer un pot de glace Häagen-Dazs qui nous consolera du manque de générosité des assiettes.

Simone Tondo tient désormais la barre du Roseval seul, un retours’impose

Alors que le duo Greenwold/Roseval semblait solidement installé à la tête du restaurant, Michael a récemment quitté la baraque et c’est Simone qui s’occupe de tout. La cuisine évoluera sans aucun doute, pourquoi pas y retourner bientôt ?

Prix : menus à partir de 45€

ROSEVAL
1 Rue d’Eupatoria
75020 Paris
09 53 56 24 14
Quartier : Ménilmontant/Belleville/Père Lachaise

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6.2 Décevant

On sort de Roseval la queue entre les pattes, avec l'impression de n'avoir pas compris le génie de Tondo. Le portefeuille s'en va léger lui.

  • QUALITÉ 5.5
  • AMBIANCE 7
  • PRIX 6

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Co-fondatrice du Grumeau, Alice parcourt inlassablement Paris (et le monde) à la recherche des dernières bonnes adresses.

4 commentaires

  1. Par avoir essayer cette table,je comprends d’autant plus la frustration,je suis passé complètement à coté du talent du cuisinier,Chrisos lui avait aimé.

  2. Micheline on

    On en revient de ces menus concoctés par le chef pour créer la surprise.
    Je comprends bien qu’il veuille se faire plaisir, mais nous alors ? Le résultat est en demi-teinte.
    J’apprécie votre sincérité : ce n’est pas parce qu’un restaurant est à la mode qu’il faut inévitablement gommer ses défauts

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