Le Relais Bernard Loiseau, 300 km pour ça ?

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De passage en Bourgogne, on ne peut s’empêcher de faire un détour par Saulieu, là ou se trouve le vaisseau amiral Loiseau. La maison a conservé tout son faste ; Dominique Loiseau (la veuve de Bernard) et Patrick Bertron (son fidèle second) ont su perpétuer son héritage. Le cadre est agréable, il marie étonnament bien moderne et classique, à l’image d’une grande cheminée allumée en permanence selon les vœux de feu Bernard lui-même. On se laisse tenter par le menu dégustation (surtout que ce n’est pas ma carte Moneo qui chauffera mais la Golden Platinium Infinite d’un autre convive).

On entame par les noix de saint-jacques grillées, accompagnées par d’un caviar d’Aquitaine. Petit coup de coeur pour la mousseline de chou-fleur, onctueuse à souhait. Dommage que la cuisson des saint-jacques soit un poil trop nacrée parce que le reste est fameux.

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Vient ensuite l’escalope de foie gras poêlé. Une figue glacée au vin épicé et un jus aux baies de genièvre complètent l’assiette. On se croirait chez Escoffier n’est-ce pas ?
Le foie gras est bien saisi. La figue a été très généreusement glacée au vin épicé, du coup vous pouvez oublier le jus aux baies de genièvre.

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On enchaîne avec le tronçon de turbot rôti au laurier. Pas de doute sur la méthode de cuisson, quelques secondes de plus et la peau aurait pris feu.
Une petite croustille de pommes de terres fourrée d’une brandade de morue permet au chef de dévoiler sa palette technique, j’ai plus de doute sur l’intérêt gustatif.

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Le festin continue avec  le suprême de pigeon rôti et son jus à l’ail des ours. Dans la même veine que le foie gras, la sauce enrobe bien le pigeon mais c’est diablement lourd. La gelée de betterave n’allège pas vraiment mais c’est bien executé.

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Je zappe le fromage, pourtant un chariot gargantuesque me tend les bras comme il est d’usage dans ces grandes maisons poussiéreuses.
Le premier dessert met en valeur des produits que je retrouve d’habitude chez ma grand-mère : un gâteau de marrons et de coings, avec une note de noix de coco quand même. Je déteste ce terme, très cher à Christophe Michalak, mais ce dessert n’est pas très gourmand.
Le second dessert est sublime. Visuellement. Il s’intitule Apurimac : chocolat fumé aux sarments de vigne, parfait au Pouilly. Mais l’intérêt est limité et on finit par se demander si ce n’est pas le pâtissier qui a fumé les sarments de vigne.

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On a eu la chance de visiter les cuisines du Relais Bernard Loiseau après le coup de feu. Pas de souvenir impérissable, mis à part une mascotte bibendum Michelin qui tronait à l’entrée.
Pour ceux qui recherchent du classique, foncez. Un repas au relais Bernard Loiseau c’est parfait quand on veut se convaincre que la gastronomie française n’a pas changé depuis les années 1970.

Pour en savoir plus sur le Relais Bernard Loiseau, cliquez ici.

Menus : de 70€ à 215€

RELAIS BERNARD LOISEAU
2 Rue d’Argentine
21210 Saulieu
03 80 90 53 53

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5.3 DÉCEVANT
  • QUALITÉ 6
  • AMBIANCE 5
  • PRIX 5

About Author

Co-fondatrice du Grumeau, Alice parcourt inlassablement Paris (et le monde) à la recherche des dernières bonnes adresses.

7 commentaires

  1. Nous avons aussi eu la chance d’être invité pour un dîner fastueux…. mais un tantinet lourd, la maison est très bien tenue et le service obligeant.
    C’est vrai, le tout semble quelques fois appartenir à un passé, pas forcément lointain, mais auquel nous ne sommes plus habitués … et il faut savoir s’adapter, les goûts et les modes changent … le style s’allège.

    J’apprécie toujours vos commentaires, et il m’arrive de rire tant la réflexion est naturelle et juste, sans être caustique !!
    Bravo pour les photos!

  2. Micheline on

    J’apprécie tout à fait le commentaire de Mimi qui traduit bien mon sentiment.
    Très belles photos

  3. Vous exagérez un peu quand vous dites année 70 ! Je dirais plus année 90 avec la « nouvelle cuisine » où je sortais de table avec la faim !
    J’ai connu le restaurant avant Loiseau car je vais à Saulieu depuis les années 80. Je n’y suis jamais allé car j’étais trop jeune à l’époque mais ma grand mère me disait que le nouveau chef n’était pas bien par rapport à avant. Et à l’époque il y avait de quoi manger !
    Je trouve ça dommage de changer un restaurant comme ça. J’ai bien aimé la Tour d’argent qui a gardé son style par exemple.

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