NINA, VOUS RENDRA-T-ELLE ACCRO ?

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Il nous fallait une bien bonne raison de traverser la Seine, dépasser Montparnasse, pour finalement atterrir rue du Château en plein 14ème arrondissement. La motivation tient en quatre lettres : N-I-N-A. Prénom enchanteur et promesses d’une cuisine bistrotière décoincée du bidon, il n’en fallait pas plus pour que monsieur s’empresse de réserver.

nina restaurant paris

Et pourtant la mayonnaise ne prendra pas ; sexy en diable et aguicheuse avec ses assiettes dressées comme sur papier glacé, Nina peine à convaincre après quelques bouchées. Nina c’est la belle fille que vous rêviez d’enlacer, mais que vous oublierez le premier rencard passé.

NINA : LE PARI FOUGUEUX D’ALEXANDRE MORIN

Tout avait débuté sous de bons auspices, à commencer par le parcours du chef. Car oui, Nina a une barbe, des pec’ et sacrément plus de testostérone que vous ne l’imaginiez. Aux manettes de ce bistronomique se cache Alexandre Morin, vingt-cinq ans au compteur et déjà de jolies expériences au Galopin et Ze Kitchen Galerie.
Que vient faire Nina là-dedans ? Notez-le dans vos petits carnets, je suis certaine que ça vous resservira : « nina » signifie « feu » en quechua. Au fond du resto, on peut en effet griller sa viande — des pièces de très belles factures il paraît — sur une plaque au centre de la table. Le feu peine à s’embraser ailleurs cependant.

On commence avec la tempura de feta, ananas et betterave. Et oui, mister Morin ose les mélanges, l’exotisme et les envies d’ailleurs. Mais tout le monde ne s’appelle pas David Toutain ou Yannick Lahopgnou du Zébulon, deux chefs qui excellent dans les équilibres sucré-salé. Les croquettes de feta, malgré une mâche bien en forme, manquent de saveur et jouent les seconds rôles derrière un potager/verger qui met les deux pieds dans les aigus.

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DE BELLES INTENTIONS, MAIS ÇA MANQUE DE PRÉCISION

Les associations qui suivent donnent encore dans la tonicité et l’audace, au risque de perdre la cohérence qui fait les grands plats. En face, le veau fait ainsi ménage à trois avec la betterave et l’anchois. Le cuissons sont bien menées, les légumes bien montés, mais l’ensemble part dans tous les sens et mon acolyte finit par se demander si l’anchois n’aurait pas eu besoin d’une bouée de sauvetage.

nina restaurant alexandre morin

On ne peut reprocher au chef d’être avare en engagement et en sincérité, on sent la fougue et la volonté de faire plaisir. Regardez cette composition monochromatique oscillant entre le végétal du céleri et de l’asperge, la douceur iodée du turbot. Les cuissons sont une nouvelle fois orchestrées d’une main de maître et ce mariage, qui donne plus dans la sobriété que le show-off, me séduit davantage.

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Sortez les enfants et les personnes âgées, les desserts pourraient bien choquer les plus conservateurs d’entre nous. D’un côté, la fraise s’acoquine d’un crumble et de vin rouge ; de l’autre, le gâteau à la banane, s’amourache de kiwi et d’olive. Les compositions suscitent la curiosité et l’intérêt, sans que le funambule des fourneaux ne parvienne à trouver le juste équilibre. Et puis, j’ai encore en tête un incroyable dessert autour du concombre à la Buvette bruxelloise.

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UN BON COUP ?

De panache, le très jeune Alexandre Morin n’en manque pas. Peut-être faut-il attendre quelques années encore, le temps que sa cuisine se patine de ce vernis qui fait les chefs d’oeuvre. L’expérience se tente pour attiser la curiosité toutefois, d’autant que l’adresse décline chacun des plats en mini-portions ; idéal pour jouer les rats de laboratoire culinaire.

L’addition : 17€-20€ au déjeuner, environ 35€ le soir. 

____________________________
NINA
139 Rue du Château
75014 Paris
09.83.01.88.40
Quartier : Pernety/Denfert-Rochereau/Mouton-Duvernet/Gaîté
6.5 pourquoi pas
  • qualité 5.5
  • ambiance 7
  • prix 7

About Author

Co-fondatrice du Grumeau, Alice parcourt inlassablement Paris (et le monde) à la recherche des dernières bonnes adresses.

4 commentaires

  1. Alexandre on

    J’ai adorer la description de ce restaurant.

    Nous avons prie RDV, la communication téléphone était pas très chaleureuse.

    En arrivant nous avons était mal accueilli, mes bon passons.
    Le serveur à prie notre commande 25 minutes après notre arriver … et nous avons meme pas eu un verre d’eau après 45 minutes d’attente et toujours pas un plat arriver.
    Nous avons voulu garder les verres a vin meme si nous buvions que de l’eau, le SERVEUR A REFUSER !!!

    Nous nous sommes lever et nous sommes parties !

    LE CHOQUE !!

    Nous dinons sauvant dans des restaurants et c’est la 1 ere fois que nous devons partir ….

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