Miznon, la street food des nababs est arrivée

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Miznon rime moins avec mignon que petite déception. Cette adresse street food à deux pas de la rue des Rosiers avait reçu les louanges du tout Paris mais on a dû louper quelque chose. Le cadre est très soigné, on aime la cuisine ouverte avec une partie bar, les cageots de légumes empilés dans la salle comme si le chef revenait à peine du marché, et le menu à la craie sur un grand tableau noir. On commande au bar et on attend que le cuistot nous appelle pour récupérer notre pita, convivial non ? Sauf que ce jour là, il y a du monde et impossible d’entendre le chef nous appeler.

miznon pita cadre

La pita boeuf bourguignon est très bonne : la viande est fondante, des aromates, de la carotte et une bonne dose de sauce. Sauf que la portion est inversement proportionnelle au prix, et 11,50€ pour une pita assez chiche ça fait mal. Surtout quand on sait que pour moins on a un menu entier avec boisson au Daily Syrien où la qualité est aussi au rendez-vous.

miznon boeuf bourguignon

On teste aussi la petite version de la pita, ou shurot, à l’agneau. On est bluffé, l’accompagnement est excellent, les boulettes d’agneau sont aromatiques mais pour 4€ on s’attendait à plus qu’une bouchée lilliputienne. La tête de choux fleur était un cran en-dessous des pitas : elle est grillée au four et arrosée d’huile d’olive. A 8€ la tête de choux fleur, mon portefeuille lui ne trouvait pas ça si minimaliste.

pita shurot

miznon restaurant paris

Le service est expéditif et même à la limite du déplaisant parfois. Dommage, c’est le genre de chose qui peut faire oublier le prix, d’autant que la qualité des pitas est au rendez-vous. Mais on se dit qu’on ne comprend plus rien à la street food quand on ressort l’estomac à moitié vide et le portefeuille détroussé de 25€.

Prix : 10-25€

MIZNON
22 Rue des Ecouffes
75004 Paris
Quartier : Saint-Paul/Hôtel de Ville/Marais

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6.3 pourquoi pas
  • qualité 7
  • ambiance 5.5
  • prix 6.5

About Author

Co-fondatrice du Grumeau, Alice parcourt inlassablement Paris (et le monde) à la recherche des dernières bonnes adresses.

10 commentaires

  1. Remarque intéressante sur la streetfood, mais on ne doit pas confondre fastfood, junkfood, fingerfood etc.

    Si on peut tous apprécier le qualitatif dans la streetfood (la différence entre un burger de Cantine California et un dwich de Subway par exemple) le quantitatif qu’on associe à la streetfood est une erreur. Miznon, comme Grillé, ou encore Mezz ou Caluc, ou même Man’ouché, c’est du « fastgood ».

    Le roboratif à pas cher, un shoot garanti de mauvais sucres et de mauvais gras, c’est de la junkfood. Qu’il s’agisse d’un kebab, d’une soupe veg, de nuggets sans poulet ou d’un club au surimi 😉

    • Entièrement d’accord, c’est idiot de penser que la streetfood ne devrait pas coûter cher, si la qualité est au rendez-vous il n’y a pas à se plaindre. Simplement, dans le cas de Miznon, on a trouvé ca cher comparé à d’autres qui font également dans la qualité (filakia, daily syrien,…). 11 euros pour un sandwich pas si copieux, c’est limite.

  2. Point de vue différent, mais intéressant.
    Pour ma part Miznon je le vois plutôt comme un restaurant du quartier du Marais, le coté « traditionnel » en moins (ou funky en plus, au choix!).

    J’ai bien aimé le commentaire pointu de LaFrancesca

  3. Article, et commentaires, très intéressants, et qui soulève une problématique qui nous est chère (c’est le cas de le dire). Tout d’abord, trois liminaires :
    1 – La nourriture c’est compliqué, et penser juste en terme de prix n’est jamais une bonne solution. On peut vouloir penser en rapport qualité/prix mais on se heurte alors au deuxième liminaire
    2 – Quand on fait à manger, il est plus facile de doubler la quantité (ça revient deux fois plus cher, tout bêtement) que de doubler la qualité (ça peut revenir BEAUCOUP plus cher par exemple pour le kebab, que nous connaissons bien, une broche de viande inconnue surgelée livrée d’Allemagne se négocie 4€/kg, on achète de la viande fraîche sans name dropping autour de 8€ le kilo auquel il faut rajouter du travail et des épices qui peuvent pour certaines valoir comme le BongHa 30€ le kilo, Grillé achète du veau Desnoyer qui doit titrer à plus de 10€ le kilo, etc…)
    3 – La street food, par essence, est quand même destinée à la rue, et la rue ne peut pas se payer une repas à 20€ tout le temps, ni rester sur sa faim.
    Face à ces 3 tiraillements, Un énorme travers a été pris, notamment dans la street food :
    – Doubler la quantité plutôt que jouer la qualité, ce qui comme le fait remarquer LaFrancesca, se fait souvent au détriment du produit. C’est le rapport quantité/prix qui prime, le kebab décrié à 1000 kcalories pour 5 balles, mais mon dieu qu’est ce qu’ils ont mis dedans ?
    Après, pour nous, Grillé ou Miznon, c’est très bon, c’est tout a fait normal que ce soit cher vu la qualité revendiquée (cf. liminaire 2 héhé) mais ce n’est plus vraiment de la street food, parce que pour avoir bien mangé il faut payer 20€, et c’est le prix d’un super bouchon lyonnais ou d’un bistrot. C’est tout autre chose en fait, une version très haut de gamme et très intéressante de produits issus de la street food (burger, kebab, etc…). Mais c’est comme payer 20€ un burger dans un restaurant, ok, mais ce n’est pas un burger du refectoire à 8€, parce que par exemple, un étudiant ou un gars au SMIC, 20€ c’est un vrai budget pour lui, ce n’est pas un repas de « rue ».
    Le risque, c’est comme pour le premier travers, que ça aille trop loin, avec des offres qui se font passer pour de la street food, mais qui tapent des prix injustifiés, et qui ensuite trichent sur la qualité ou la quantité. Le burger de base vendu à 8/10€ comme un gourmet burger ou le burger luxe vendu 15/20€ alors qu’il n’est pas mieux qu’un gourmet burger à moitié prix, c’est un piège. C’est vrai aussi pour le kebab, les tacos, etc…
    Ce qui compte, c’est que les restaurateurs soient honnêtes, et assument leur démarche, qu’elle soit de nourrir un maximum de monde pas cher (mais en ne mentant pas sur la façon d’y arriver) soit de nourrir beaucoup de gens pour un peu plus cher mais en restant accessible à tous (ce qu’est pour nous la street food de qualité) soit de proposer une version plus exclusive et pointue, mais sans faux semblants.

    • J’adore ce débat passionné
      Encore une fois la Street est au coeur des préoccupations et ça fait plaisir.
      Du coup il y 2 jours, ça m’a donné envie d’une pita Miznon 😉

  4. Je partage les opinions partagés par les commentateurs et (OUR). J’ai déjà eu ce débat avec eux (Damien 😉 ) à un point près:
    Je ne vous pas pourquoi la street food ne serait pas cher!
    C’est une idée toute faite: « c’est dans la rue donc c’est pas cher ». A l’origine et historiquement, du moins à Paris, la cuisine de rue était réservée à une élite. Quand on avait pas les moyens, on mangeait chez soi.

    Du coup, la street ne peut désigner qu’une forme ou un format. Mais ce qui fait l’essence de la cuisine, ce sont les ingrédients, les procédés et le décor. Il y a les bons spots de street food qui sont au niveau voire largement au dessus des restaurants, à tous les points de vue. Et dans ce cas, ce n’est pas choquant qu’il soit quasiment au même prix. Et il y a ceux qui utilisent de moins bons ou de mauvais ingrédients. Et là, la remarque de La Francesca tombe juste.
    En définitive, le prix est un choix du restaurateur et non le résultat d’un mode de cuisine.

    De ce point de vue, les prix de Miznon sont justifiés par rapport à Daily Syrien qui est largement un cran en dessous: pas la même qualité de produits, pas la même élaboration. Filikia est dans la catégorie supérieure mais quasiment au même prix. Mais ils ont du réduire les quantités pour être viables, pour rester dans la clous d’un ticket autour de 10€. D’où les remarques des clients à ce sujet.

    La révolution des mentalités s’opérera le jour ou l’on se rendra compte que la street food a les mêmes problématique que la restauration traditionnelle et qu’elle n’est pas une niche: on y sert de la merde jusqu’à de la gastronomie.

    Ce qui ne veut pas dire que l’on ne peut pas trouver Miznon trop cher mais qu’on ne peut le dire sous prétexte que c’est de la street. Grosse nuance.

    • J’ai pas ressenti de différence de qualité entre Daily Syrien et Miznon, pas au point que le Daily Syrien soit un cran en dessous en tout cas. C’est sûr qu’il paraît normal de payer plus pour de la qualité. Mais il y a des limites, pour justifier une pita pas généreuse à 11 euros, je serais curieux de savoir ce que Miznon met dedans. J’ai surtout l’impression de payer pour le concept, pour le chef étoilé qui est derrière, pour la déco hipster.

  5. Mais tout ça se paye justement. On n’achète pas seulement une assiette mais une idée, un cadre, une décor un service, un prestige, etc

    Miznon est au dessus dans le concept, c’est-à-dire dans l’originalité et l’élaboration des recettes. Daily Syrien que j’apprécie, comme indiqué dans mon article, exécute bien des classiques même si le falafel manque de saveurs et d’assaisonnement. Miznon propose des choses que l’on n’a pas à Paris, différente, avec des saveurs intenses et puissantes. La fraîcheur des produits frais saute au palais, certains sont importés. Les cuissons son inédites. Pour moi c’est de la gastronomie ou plutôt de la streetonomie!

    Le rapport quantité/prix est différent de celui du qualité/prix et encore plus du créativité/prix. Quelle est la marge sur un taboulé de persil à Daily Syrien? Je pense en effet que Miznon est en haut de la fourchette, si tant et qu’on en utilise dans cette catégorie de cuisine, et on peut trouver cela excessif mais sur quels critères? J’ai même l’impression que la quantité d’agneau est supérieur à ce qu’on trouve dans une pita classique, mais c’est une impression. En tout cas, personnellement et subjectivement, j’ai du mal à finir leur plat.

    En tout cas, c’est bien qu’il y ait débat, et encore mieux que cela se fasse sur un vrai site de gastronome!

  6. passionnant débat. je laisse un commentaire pour suivre le fil des discussions. Intéressant de voir qu’il y a autant de définition de la street-food que de personnes intervenants d’ailleurs ! dans la prise en compte du prix, il ne faut pas oublier l’emplacement, qui dans le cas de Miznon doit se payer et pas qu’un peu. Personnellement j’ai beaucoup aimé l’expérience (resto vide vers 16h), le concept, les saveurs etc. Je comprends aussi que pour le même tarif certains préféreront se faire une table de bon bistro. C’est très personnel ce type de choix en réalité. Heureusement il y en a pour tous les gouts
    Pour en revenir à Miznon, c’est surtout très bien pensé car servir (et en fait il n’y a que très peu de service) une tete de chou-fleur ou une patate douce rôti(e) entier pour 6/8€ je suis admirative de l’idée qui est en plus gustativement bonne 😀

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