LA MAISON BON : BIO, BOBO, PAS BON !

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Lampes à filaments, comptoirs sur rue, mason jars recelant green juices et citronnades maison. Et puis du vert, du noglu et une unique promesse : DU BON. Elle avait tout pour en faire notre maison… et pourtant, flop ! Malaise, pendant les trente-cinq longues minutes du déjeuner. On passe la porte en se promettant de ne plus jamais s’essayer à ce genre d’expérience outrageuse.

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GLACIALITÉ, DE L’ACCUEIL JUSQU’À L’ASSIETTE

Dans cette échoppe taille mini, on pourrait se sentir à son aise. Déco NY contemporaine : baies vitrées, comptoirs en bois, mason jars pour vos breuvages et menu du jour qui s’affiche sur des tableaux blanc sur noir. On connaît le refrain. Et si parfois l’overdose est présente, il s’agit de savoir apprécier ces détails dans l’ensemble de leur contexte. Le contexte chez Maison Bon ? Du bio, du sans gluten, du healthy, du sans, sans, sans.
Out les matières grasses ? Cool. Bye les pesticides ? On est d’accord. Mais à force de supprimer strate par strate les couches du plaisir, on se retrouve avec une assiette plus ennuyeuse que la messe du dimanche. Quand un gourmet s’attable, ce qu’il demande, c’est de la qualité ; du produit travaillé jusqu’à la minutie opérée en cuisine. Mais un gourmet demande surtout et avant tout du goût. Et ce jour là, cet indispensable n’est pas de la partie.

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Pire, le sourire de la demoiselle nous accueillant est éteint. Les clients s’interrogent sur la carte, « Et les protéines ? », c’est alors qu’avec disgrâce et un ton condescendant, elle répond « Le maïs est une protéine ». Si d’un point de vue objectif la maison se veut veggie et le revendique, nous comprenons qu’elle s’essaie à vanter les mérites de cette diète. Le problème se pose alors, lorsqu’un client s’interroge sur les ambiguïtés non éclaircies par la carte, il serait logique que la gentille demoiselle de l’accueil lui réponde avec amabilité et passion. Pourtant, les « J’ai l’impression que mon concept ne vous plaît pas » ne donnent pas très envie de croquer dans le « taco veggie » du jour.

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La rapidité du service n’y est pas non plus. N’oublions pas, la Maison Bon est un feel good fast food : on regarde le menu du jour qui nous propose uniquement une « lunch box », une seule soupe, et le choix entre plusieurs boissons et trois desserts. On passe commande. Et on s’attend à savourer notre précieux sésame. Précieux doit-il être nous disons-nous, quand on attend près d’une vingtaine de minutes pour commander.

LES LIMITES DE LA HEALTHY FOOD

C’est avec réticence et une sacrée envie de s’enfiler un burger qu’on patiente jusqu’à l’arrivée de la fameuse lunch box. Dans la croyance populaire, une lunch box est une boîte contenant un repas ; généralement complet, nourrissant, généreux et varié. On y retrouve féculents, légumes, protéines, et quand le coeur y est, la variété est une vraie invitation à la découverte de saveurs étonnantes. Chez Maison Bon, la lunch box se la joue minimaliste : se battent en duel deux tacos aux légumes. Taille riquiqui certes, mais si le goût y est, pour 12€ on pourrait accepter. C’est alors qu’on croque et nos doutes se confirment. Se moque-t-on de nous ?

maison bon parismaison bon parisBravo pour le support à taco, fait maison avec des graines, du maïs, bref une jolie alternative à la galette traditionnelle. Mais cette espèce de ratatouille enfouie sous des tranches d’avocat non assaisonnées ? Une ratatouille qui nous rappelle celle de la cantine, et des tranches d’avocat qu’il suffirait de saupoudrer de sel, chili flakes, ou encore de zestes de citron. Rien n’est tel, le goût est néant. Le jus vert est lui d’une amertume… Allez demander quelques conseils à Bob (Bob’s Kitchen) en la matière, lui sait y faire.
Et le dessert est facturé 7€, un prix dépassant celui des merveilles proposées par les plus grands pâtissiers de la capitale. Entre une crème chocolat noglu, une compote et son granola et un pudding graines de chia – chocolat blanc, kiwi et granola, on opte pour ce dernier. Ni mauvais, ni correct, on ne sait trop quoi en penser si ce n’est qu’on paierait bien le double du prix pour un simple granola chez Ob-La-Di.

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UN BON COUP ?

La critique n’est pas évidente. La peur de blesser celui qui officie en cuisine est grande, surtout lorsqu’on prend conscience du travail fourni derrière les fourneaux. Mais honnêtement, même en tenant compte des coûts exorbitants des produits sans gluten, bio et co, la Maison Bon pratique des tarifs scandaleux pour des propositions qui, ce jour-là du moins, étaient à la limite de l’insipide.
Si beaucoup de spots parisiens s’essaient à la healthy food, ils ne réussissent pas tous. Néanmoins, certains exploitent cette nouvelle lubie culinaire avec main de maître : prix doux et goûts maîtrisés. Avec ses 26€ de malheur, la Maison Bon est bien loin du compte.

L’addition : lunch box à 12€, menu avec soupe et compote 16€, desserts 7€, jus 6,50€.

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LA MAISON BON
11 Rue des Petites Écuries
75010 Paris
+33 1 48 24 27 13
4.0 A fuir

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    4 commentaires

    1. Bon, dans l’ensemble, on est encore une fois d’accord sur l’essentiel. D’ailleurs, on y était le même jour (je mets enfin un visage sur l’auteure) et cela se ressent dans nos posts respectifs!
      Je n’ai pas voulu être aussi dur mon article mais je comprends ce choix vu que cela risque d’être la sensation éprouvée par les clients. En effet, la remarque sur le travail fourni rend compte de la difficulté à juger et condamner.

      Le prix du dessert m’a scotché aussi et je ne saurais encore dire s’il s’agit du prix de revient ou d’un choix mais j’ai longuement parlé aux chefs – patronne absente, ce qui change tout – et quel boulot!
      La seule remarque que je peux apporter est qu’il me parait difficile de comparer une carte classique et une carte sans gluten et vegan. On ne peut pas réclamer le même taux de gourmandise. Mure ne fait pas du sans gluten à 100%. Un granola sans gluten est avant tout une proposition saine plutôt que gourmande dès le départ.

      La particularité vient du mode de cuisson longue proche de la déshydratation qui n’apporte pas les mêmes saveurs. J’en ai souvent goûté et je retrouve les mêmes caractéristiques. Le but est de sentir une certaine pureté des ingrédients, un peu comme dans une cuisson vapeur. Pour ma part, j’ai perçu ce travail subtil, certes moins gourmand qu’un restaurant classique. Le problème alors, c’est le nom de la Maison… Vu l’envie, on peut leur laisser un peu de temps pour rectifier le tir, mais à ces tarifs, ils risquent de se transformer en Maison Close…

    2. micheline on

      Qu’est-ce que c’est que cette mode, sans gluten, sans gras, sans, sans….Serions-nous tous malades ?
      La cuisine, c’est déjà un plaisir, du goût, de la texture, du visuel.
      J’en parle d’autant plus que je ne mange pas de viande – par goût et non par religion.
      Aller déjeuner ou diner au restaurant doit rester un bon moment, un plaisir à partager. Si cela devient juste se nourrir, autant rester chez soi

    3. burgevin on

      pas seulement sans gluten et sans gras, mais également sans sourire, sans accueil agréable, sans intelligence, sans attention pour le client, à fuir absolument

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