Savoir-faire | Le Treats Truck de Kim Ima – NYC

2

Kim Ima parcourt New York au volant de son Treats Truck. Les food trucks, ces camionnettes ambulantes qui se garent dans la rue pour vendre leurs bons petits plats, ont envahi New York ces dernières années et arrivent à Paris. Il n’y à qu’à voir les monstrueuses files d’attente sur les trottoirs de la capitale aux abords du Camion Qui Fume pour comprendre l’engouement.
Mais Kim, elle, ne fait pas du tout dans le salé : elle concocte des gâteaux typiquement anglo-saxons, riches et diaboliquement sucrés. C’est sûrement le meilleur food truck de New-York pour les desserts. Comme beaucoup de trucks qui ont connu un franc succès, elle a récemment inauguré une boutique à Brooklyn, avec quatre murs et un toit cette fois.
Après être passé lui rendre visite à son truck, Le Grumeau a eu la chance de lui poser quelques questions dans sa boutique où son équipe et elle concoctent les fameux gâteaux. 

Le Treats Truck ou la success story, bien américaine, de Kim Ima et de sa pâtisserie itinérante. Rencontre. 

treats truck

Le Treats Truck, Kim Ima, « treats »  (Pecan Butterscotch Bar, Chocolate Trucker Sandwich, Cinnamon Donut)

———————————————————————————————————————-

Le Grumeau : Bonjour Kim, peux-tu nous dire comment tu as commencé ?  
Kim Ima (rompue aux interviews, grand sourire malicieux et inimitables nattes) : J’étais d’abord comédienne de théâtre à New York, un métier que j’ai absolument adoré. Dans ma vie, tout ce que j’ai fait, je l’ai fait à fond, avec passion et parce que j’y croyais vraiment. C’est aussi vrai pour le métier d’actrice que pour le Treats Truck aujourd’hui.
A l’époque, et avant déjà, j’avais une réelle passion pour la pâtisserie, mais j’ai voulu attendre de savoir que c’était réellement ce dans quoi je voulais me lancer avant de changer de carrière. J’ai alors acheté mon camion sur Ebay et l’ai baptisé « Sugar ». Il est fidèle et surtout il tient la route ! Je le vois comme mon fidèle destrier qui m’accompagne depuis mes débuts. 

Le G : Et où réalisais-tu les pâtisseries ? Dans « Sugar » ?
K.I. : Impossible. Je faisais donc mes pâtisseries dans une commercial kitchen — un local équipé de matériel de cuisine pour cuisiniers sans cuisine fixe ndlr — que je partageais avec d’autres pâtissiers, notamment une fille qui faisait des gâteaux de mariage.

Le G : Et le succès est venu très vite, n’est-ce pas ? (On ne cire pas les pompes de nos interlocuteurs sans raison, en 5 ans le Treats Truck est devenu un business bien établi.)
K.I.  : Oui il y a eu le Vendy Award — une prestigieuse récompense décernée aux meilleurs food trucks — un an après mes débuts, en 2008.
Et même si le coeur de mon métier, ce que je préfère, c’est la vente dans mon food truck et le contact direct avec la clientèle, le développement d’autres activités a permis de générer plus de profits. On répond aux demandes particulières de nos clients. Le Treats Truck pourvoit des pâtisseries pour des évènements, comme des mariages, mais aussi des entreprises. Par exemple, il y en a qui achètent des quantités impressionnantes de gâteaux pour les distribuer gratuitement, ce qui est une super com pour eux, comme pour nous.
J’ai commencé toute seule mais aujourd’hui l’équipe compte 14 employés qui travaillent essentiellement dans la nouvelle boutique de Brooklyn.

 

3H4A5677-200x300Le G : Justement, pourquoi avoir créé une boutique et ne pas être restée dans ton truck ?
K.I. : Premièrement cela m’a permis d’avoir mon propre lieu pour cuisiner. Généralement j’arrive assez tôt le matin pour préparer les gâteaux destinés aux commandes ou que j’emmène ensuite dans mon food truck.
J’avais par ailleurs envie de créer une adresse où les gens pourraient se retrouver autour des pâtisseries du Treats Truck, c’est un lieu convivial où les enfants peuvent rester et s’amuser (on est en effet entourés de dessins d’enfants, de pots à crayons de couleur et d’autres jouets farfelus). On a même lancé des cours de décoration sur gâteaux pour les enfants.
Et la boutique, je peux l’ouvrir tous les jours, alors que le truck c’est nettement plus compliqué.

Le G : Quelles sont les contraintes avec le truck ? Comment fais-tu pour faire fonctionner les choses au quotidien ?
K.I. : La contrainte la plus pesante c’est tout simplement de pouvoir trouver une place pour se garer. Et il y aussi les intempéries. En hiver je me demande si je pourrais ouvrir le truck à cause de la neige, le reste du temps c’est la pluie, ou pire, comme Sandy cette année.
En tant que food truck on est aussi soumis à un certain nombre de règles établies par la ville de New York et il faut évidemment bien s’entendre avec les autres trucks, ne pas empiéter sur leur terrain et rester respectueux de leur travail.
J’alterne entre différentes adresses où je gare le Treats Truck et j’annonce ma position sur Twitter. C’est le moyen le plus facile de me suivre !

Capture-dGÇÖe¦ücran-2013-03-12-a¦Ç-22.03.33-600x399

Le G : On imagine que la clientèle diffère d’un quartier à l’autre… Comment ça se passe ? 
K.I. : Oui, c’est vrai. Un exemple : dans l’Upper West Side c’est très familial, donc beaucoup d’enfants.
J’essaie à chaque fois d’établir des relations privilégiées avec mes clients, j’aime ça. Je suis à leur écoute. L’autre jour un client m’a donné la recette de l’une de ses tantes, je vais bien évidemment la tester !

Le G : Trêve de plaisanterie, parlons un peu plus des « treats », quels sont tes best-sellers ? Tes préférés ? Et comment évoluent les recettes ?
K.I. : Alors les plus populaires sont la Pecan Butterscotch Bar — c’est un irrésistible concentré de sucre et de gras — et les sandwich cookies, surtout ceux au peanut butter — le Grumeau est friendly, on partage avec vous la recette de Kim Ima à la fin de cet article. Moi je n’ai pas de préféré,  mes envies varient en fonction du moment de la journée.
Capture-dGÇÖe¦ücran-2013-03-12-a¦Ç-22.08.07-600x520Les recettes, quant à elles, restent plus ou moins les mêmes et je ne fais qu’en ajouter sans supprimer les anciennes ! Leur évolution dépend de la demande des clients. On m’avait par exemple demandé pour un évènement de créer quelque chose de « spécial ». J’ai alors eu l’idée de proposer des nachos sucrés, avec des petits gâteaux triangulaires que l’on pouvait tremper dans différentes sauces. 

Le G : Est-ce qu’une pâtissière comme vous cuisine chez elle ?
K.I. : Ahhh je fais des choses extrêmement simples dans mon appartement du West Village, des salades ou des soupes principalement. Je cuisine assez dans la journée. Et sinon j’adore que les autres cuisinent pour moi !

Le G : Et pour finir, quels sont tes projets aujourd’hui ?
K.I. : J’ai publié en 2011 un livre* avec les recettes du Treats Truck, on peut quasiment toutes les retrouver et il y a beaucoup d’anecdotes et d’illustrations sympas. Des parents me disent le lire à leurs enfants pour les endormir le soir !
L’idée serait de réaliser un second ouvrage, avec la même illustratrice, mais cette fois plus axé sur les expériences que j’ai eues avec mes clients depuis les débuts.Capture-dGÇÖe¦ücran-2013-03-12-a¦Ç-22.15.54-600x399

* Treats Truck Baking Book: Cookies, Brownies & Goodies Galore! de Kim Ima aux Editions William Morrow Cookbooks

Pour plus de détails sur le Treats Truck de Kim Ima, rendez-vous ici.

————————————————————————————————————————————————-

Capture-dGÇÖe¦ücran-2013-03-12-a¦Ç-10.34.43LA RECETTE de Kim Ima | Peanut Butter Sandwich Cookies

(courtesy of Kim Ima and Treats Truck Baking Book)
Recette pour une trentaines de sandwich cookies

Pour les cookies
– 2 cuillères à café d’extrait de vanille
– 2 oeufs
– 520g de peanut butter (non sucré)
– 225g de sucre
– une pincée de sel

Pour la ganache 
– 260g de peanut butter (non sucré)
– 100 à 150g de sucre roux (allez-y mollo pour le diabète)
– 
confiture aux fruits rouges (optionnelle)

1. Préparation des cookies
Préchauffez votre four à 175°c. Beurrez une feuille de papier sulfurisé placée sur une plaque de cuisson.
Mélangez la vanille et les œufs. Mettez le peanut butter dans un grand saladier et versez-y le mélange vanille-œufs. Mélangez bien jusqu’à l’obtention d’un mélange homogène. Ajoutez le sucre et le sel, mélangez à nouveau.
Faites de petites boules avec une cuillère, en les roulant entre vos mains si besoin est. Placez-les sur la feuille de papier sulfurisé. Aplatissez légèrement les boules de pâte et utilisez une fourchette pour faire des croisillons sur le dessus.
Faites cuire pendant 10 minutes, le centre doit être moelleux et les bords un peu plus dorés. Laissez reposer complètement les cookies avant de les retirer de la plaque de cuisson à l’aide d’une spatule.

2. Préparation de la ganache au peanut butter
Mélangez le peanut butter et le sucre roux (à doser selon votre goût), afin d’obtenir une préparation bien homogène — pas de grumeaux s’il vous plaît. Laissez reposer au réfrigérateur.

3. Assemblage
A l’aide de vos doigts, formez de petites boules avec la ganache au peanut butter et placez-les sur les faces intérieures des cookies. Placez un second cookie sur la couche de ganache et répétez l’opération. Si vous voulez être américain jusqu’au bout des ongles et que le biscuit n’est pas assez sucré à votre goût, vous pouvez ajouter une fine couche de jam (comme sur la photo), une sorte de mix entre une confiture et une gelée aux fruits rouges.
Laissez reposer les cookies jusqu’à refroidissement, sinon ils seront trop mous, un coup à finir avec des tâches de peanut butter plein les vêtements.
————————————————————————————————————————————————-

Un grand merci à Kim, Claire et toute l’équipe du Treats Truck pour leur accueil, leur gentillesse et leurs délicieuses créations.

Newsletter

About Author

Co-fondatrice du Grumeau, Alice parcourt inlassablement Paris (et le monde) à la recherche des dernières bonnes adresses.

2 commentaires

  1. Micheline on

    Très bel article bien écrit et sérieux.
    Belle réussite de cette jeune femme.
    Je ne connais pas ces gâteaux, mais je ne suis pas tellement intéressée par cette régression
    culinaire.

Leave A Reply

Lire plus :
LES BONNES ADRESSES DE CÉCILE GLEIZE, FONDATRICE DE BECAUSE GUS

Gluuuuuten. Le mot est lâché. Mystérieux, aussi effrayant en 2016 que pouvait l'être "grippe espagnole" en 1918, on...

Le burger Mamie Burger, notre incontournable à Paris

Après s'être engraissés à coup de burgers new-yorkais et même parisien, notre dernier coup de coeur junk se cache...

Fermer