IDA : ENCORE MIEUX QUE CHEZ LA MAMMA

3

De sa Calabre natale, le rital Denny Imbroisi aurait-il gardé le goût de l’altitude ? Le chef multiplie les expériences au sommet, de celui de la Tour Eiffel, où il officia comme sous-chef à l’étoilé Jules Verne, à ceux de l’audimat, avec un passage très remarqué dans une célèbre émission de cuisine-réalité.
Mais le chef est-il toujours au top ? Direction la rue de Vaugirard, où on le retrouve désormais à la tête de sa propre squadra au restaurant Ida, une trattoria des temps modernes où la cuisine française prend des accents transalpins, à moins que ce ne soit l’inverse — nous ne trancherons pas la question de l’oeuf ou la poule, hein.

ida restaurant denny imbroisiida restaurant denny imbroisi

Cette rencontre d’une cuisine italienne, franche, décomplexée, aussi exaltante qu’une belle Romaine dont les formes se découvrent aux manettes de sa Vespa, et d’une tradition hexagonale nourrie de précision et de sophistication, est tout bonnement emballante. Un mariage fusionnel, passionnel, charnel même, encore jamais croisé à Paname. Bref, je ne pouvais plus me passer d’Ida, sitôt quittée au dîner je la retrouvais quelques jours après pour un déjeuner. À deux reprises, on opte pour le menu en cinq services à 42€, un régal de sincérité et d’énergie chaque fois.
La déco est à l’image des assiettes, contemporaine, pas chichi pour un sou mais colorée d’accents chantants.(Tomate) cerise sur la Caprese, l’ambiance donne dans la rondeur et la générosité, animée par l’ardent Antoine Le Vacon.

L’ITALIE VUE PAR DENNY IMBROISI, ÇA NOUS BOTTE

On démarre avec des amuse-gueules qui fleurent bon le partage et la bonhomie : réjouissante tapenade entoastée, pain italien arrosé d’une huile d’olive tonitruante et autres bouchées que n’aurait pas refusées ce bon vieux Trimalcion.

ida restaurant denny imbroisiida restaurant denny imbroisi

Les plats de résistance ne la jouent pas crescendo, mais plutôt franco. Vif, tonique, bien troussé, le saumon est mariné à la citronnelle et chatouillé d’un condiment balsamique blanc et coing. Le jardin qui l’accompagne apporte une fraîcheur opportune à cette composition qui ne manque pas de peps.

ida restaurant denny imbroisi

Légumes racine, truffe blanche, pousses de moutarde, oeuf parfait et champignon de Paris. Là encore, c’est terriblement élégant et en plein dans le mille de la gourmandise. Le jaune apporte un gras irrésistible au plantureux tableau végétal. Résultat des courses, la cuillère ne lâche plus l’assiette et cette histoire-là se finit à la mouillette. Pas très lady like, je le confesse.
Franc du collier aussi, l’oeuf parfait, courge, noisettes, topinambour et truffe. Excusez du peu.

ida restaurant denny imbroisiida restaurant denny imbroisi

IDA : ON A TROUVÉ LE PAPE DE LA PASTA

Et la pâte, mais quelle pâte, La Pâte. Denny Imbroisi n’a pas oublié ses origines et leur rend un vibrant hommage contenu dans de simples assiettes de pâtes. Cuissons al dente à faire pâlir un horloger suisse, parfums à vous envoyer une baffe dans le palais, mâche bien présente, généreux parfum d’oeuf et assaisonnement au cordeau. Pour tout vous dire, la pâte d’Imbroisi me séduit encore davantage que celles d’Alberico Penati, chef étoilé de l’éponyme Penati al Barretto.
Tout en circonvolutions, ces premières pâtes s’acoquinent de tomates, de sésame noir, de vinaigre balsamique, de piment et d’un espuma de brebis. Ça rebondit sous la dent, c’est tonique, ça vous met par terre en trois coups de fourchette.

ida restaurant denny imbroisi

Les spaghetti du dîner auraient pu leur voler la vedette dans un estomaquant enrobage à base de tomates, de pecorino et de citron confit surtout, une douce acidité qui vient vous réveiller la papille et donner de beaux aigus à ce généreux plat.

ida restaurant denny imbroisi

Implacables, pour terminer, les linguine ornées de copeaux de truffe dans leur plus simple appareil. L’efficacité de la simplicité (non non, je ne parle pas de la simplicité de la truffe, mais de celle de la composition), le charme du brut.

ida restaurant denny imbroisi pates

Le dessert joue encore les hybrides, un pied à Paris, un pied à Napoli : le croustillant du cannoli escorte une glace au marron, de la ricotta bien sûr et du caramel beurre salé. La fraîcheur bienvenue des agrumes complète le tout.
Il me manquait encore quelques calories sur ma balance lipidique après cette orgie de pâtes, erreur réparée avec le Capucc’IDA, entendez un capuccino revisité. Sous la porcelaine, se cachent (attention, on retient son souffle) du chocolat gianduja, une glace à la noisette et un espuma café. Choc des textures, entre l’aérien et le crémeux, des températures et des saveurs nettes. C’est encore plus addictif qu’un tiramisu, même si les versions classiques de la Dispensa ou du Brigante me séduisent toujours.

ida restaurant denny imbroisiida restaurant denny imbroisi capuccida

UN BON COUP ?

Ma sì, certo ! Identitaire et généreuse, la cuisine de Denny Imbroisi nous en met plein la vue entre l’Italie et Paris. En bonus, et pour un minute people qu’on s’autorise bien rarement ici, vous aurez comme nous peut-être la chance de déjeuner à côté de William Ledeuil, iconique chef de Ze Kitchen Galerie.

L’addition : menu déjeuner à la carte 30€, menu 5 services 42€, menu 7 services 65€.

__________________________
IDA
117 rue de vaugirard
Paris, France
01 56 58 00 02
Quartier : Montparnasse/Falguière/Duroc/Vaugirard
8.0 courez-y

    About Author

    Co-fondatrice du Grumeau, Alice parcourt inlassablement Paris (et le monde) à la recherche des dernières bonnes adresses.

    3 commentaires

    1. micheline on

      Suivez le guide : très bon moment et très belle dégustation. Vous pouvez faire confiance dans Le Grumeau pour dénicher les bonnes adresses.

    Leave A Reply

    Lire plus :
    LES MEILLEURS BURGERS DE FAST FOOD #AmericanJunkFood

    Si vous n'étiez pas encore au courant, Le Grumeau a désormais un envoyé spécial à New-York. Et, croyez-moi,...

    Complètement baba des gâteaux Mori Yoshida

    Mais qui a eut cette idée folle, un jour, d'ouvrir une pâtisserie avenue de Breteuil ? Ce n'est...

    Fermer