Le Food Truck Marc Veyrat ? Oui, si vous avez 13,50€ à perdre

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Le concept a tout pour faire frissonner les gourmets : Marc Veyrat, aux commandes du premier food truck de plats chauds, aspire à révolutionner la pause déjeuner de cols blancs déprimés par les sempiternelles salades. À défaut de croiser Marc Veyrat au volant du camion vous aurez affaire à des serveurs attifés du mythique chapeau noir — et ça fait plus mauvaise parodie qu’autre chose.

Les camions sillonnent le 8ème arrondissement et vous offrent la promesse d’un repas savoureux composé de produits frais pour 13,50€ (entrée-plat-dessert). Le concept est malin : pas d’attente car la commande est effectuée et payée en ligne à l’avance. Malheureusement le food truck Marc Veyrat ferait mieux de retourner au garage pour une révision.

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Je commence avec une soupe de courge et écume de muscade. Le velouté est onctueux et bien rehaussé par une pointe de jus d’orange. J’éprouve quand même de la peine pour la serveuse qui s’est débattue avec le siphon pour ajouter une chantilly vite évanouie après quelques minutes de marche.
Et ce n’est pas la seule approximation, l’équipe Veyrat est visiblement passée à côtés des impératifs propres à la restauration rapide.

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Le cabillaud à la sauce Syrah accompagnés d’oignons confits et de poireaux est loin d’être appétissant. Le contenant est un tantinet poisseux, mais je me lance.
Les deux petits médaillons de poisson sont corrects, mais la sauce, écoeurante et sirupeuse, est une catastrophe. L’accompagnement est presque inexistant, et surtout ça ne nourrira pas un travailleur affamé. Noyer un plat sous la sauce plutôt que proposer une garniture digne de ce nom, c’est un pari risqué.
Un petit coup d’oeil sur la date de préparation : le plat a été préparé deux jours avant la dégustation, alors que le slogan nous promettait du gastronomique et des « plats cuisinés chaque jour avec amour ».

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Tapioca et myrtilles pour finir, c’est plutôt bon, mais on s’attendait à mieux de la part de Marc Veyrat, le premier chef 20/20 au Gault et Millau.

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Faut-il aller au food truck Marc Veyrat ? La réponse est non, dans le quartier je préfère encore aller déjeuner chez Cojean. Même si le pari est intéressant et l’équipe encore en rodage, certains points sont clairement à revoir.

Prix : formule 13,50€

MES BOCAUX par Marc Veyrat •
Quartier : Champs-Elysées/Montaigne/Etoile

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4.5 À FUIR
  • QUALITÉ 5
  • PRIX 4

About Author

Co-fondatrice du Grumeau, Alice parcourt inlassablement Paris (et le monde) à la recherche des dernières bonnes adresses.

16 commentaires

  1. Très malin ce système de commandes, le coup du siphon à la dernière minute c’est… pour faire « à la minute » comme chez les étoilés ah ah
    Je n’ai jamais aimé manger dans des bocaux, mais ça se prête bien à la streetfood après tout.

  2. Le cabillaud n’est pas le meilleur des plats, la sauce aigre-douce trop puissante. la blanquette ou la tarif lette sont bien meilleurs, et les portions suffisantes, a mon sens. J’ai testé une grande partie des plats, c’est sur mon blog. Sinon par rapport à Boco, Veyrat est l’inventeur du concept, des frères Ferniot.

    • Le manque d’accompagnement avec le cabillaud est assez frustrant tout de même, des petits morceaux de poireaux et d’oignons nourissent difficilement. Pourquoi ne pas mettre un féculent, c’est moins sexy ?

  3. Micheline on

    L’idée est bonne, mais je n’aime pas manger dans un bocal.
    Voilà le 3ème chef étoilé (après Ducasse et associé) qui veut faire un coup en jouant de sa notoriété.
    La bonne cuisine rapide est un exercice périlleux….

  4. severine on

    vous réglez vos comptes avec Veyrat ???
    Par trois fois, j’ai testé les plats de Marc Veyrat que j’ai trouvé pour chacun d’entre eux original et excellent.

    Mais peut-être faites-vous parti de ses « critiques » qui pensent que pour exister il faut systématiquement critiquer voir conspuer.

    Bravo Monsieur Veyrat, pour 11 euros je préfère manger votre cuisine, plutôt que des sandwichs mous, insipides et sans saveurs ou… américains.

    Contrairement aux experts de votre site, je ne soutiens pas ces restaurateurs qui nous font croire qu’ils font la cuisine alors que c’est Brake ou Davigel, leurs produits dits « frais » !

    • Chère Séverine Grasset,

      Commençons par l’honnêteté, pourquoi ne pas avoir partagé votre identité de directrice de publication de l’entreprise de Marc Veyrat ?(http://www.mesbocaux.fr/mentions_legales.html). On comprend mieux pourquoi vous félicitez M. Veyrat, et pourquoi vous trouvez ses plats « excellents ». On comprend aussi pourquoi notre critique vous irrite.

      A bon entendeur salut !

    • Que connaissez vous de la cuisine américaine ? pouvez vous développer ? où avez vous diner aux USA ?

      • Bonjour Gwen, je vis aux Etats-Unis depuis quatre ans, ça va être compliqué de faire la liste de tous les restos que j’ai fait. Pouvez-vous préciser votre question ? Merci !

  5. severine on

    Cher Monsieur …,

    Je ne suis malheureusement pas la directrice de publication de Monsieur Veyrat. Mais juste la personne qui a conçu son site sous son égide.
    Je suis en tout objectivité un peu agacé que l’on puisse dire de Monsieur Veyrat qu’il fait, je cite : comme un grand chef étoilé : je vous rappelle pour mémoire que c’est le seul qui est été doublement étoilé – pas besoin de faire semblant pour lui, me semble t-il.

    Quand à l’idée des bocaux, monsieur Veyrat en est le précurseur, parole d’épicurienne.

    Je vous invite à aller sur la page mes bocaux sur Facebook dont je m’occupe, et ou les personnes viennent en toute liberté parler de leurs expériences des bocaux.

    Vous souhaitant une bonne journée
    Séverine Grasset

    • Merci de votre réponse,

      Pourriez-vous préciser ce paragraphe s’il vous-plait ?

      Je suis en tout objectivité un peu agacé que l’on puisse dire de Monsieur Veyrat qu’il fait, je cite : comme un grand chef étoilé : je vous rappelle pour mémoire que c’est le seul qui est été doublement étoilé – pas besoin de faire semblant pour lui, me semble t-il.

      Je ne comprends pas qui vous citez. Et que vous voulez dire par « le seul qui est [ait?] été doublement étoilé » ? Je crois savoir qu’il avait en réalité brillamment obtenu trois étoiles.

      Bonne journée également

  6. severine on

    voir ci-dessus : je site « comme chez les étoilés ah ah ».

    * Il a obtenu deux fois trois étoiles au Guide Michelin, le Gault-Millau l’a désigné meilleur cuisinier et lui a attribué la note maximale de 20/20.

    Bien à vous

  7. severine on

    Monsieur legrumeau,

    Il a obtenu deux fois trois étoiles au Guide Michelin, le Gault-Millau l’a désigné meilleur cuisinier et lui a attribué la note maximale de 20/20.

    *Le commentaire du dessus, je copie colle donc :
    : le coup du siphon à la dernière minute c’est… pour faire « à la minute » comme chez les étoilés ah ah….

    merci pour vos réponses

    Je vous laisse le devoir m’appelant
    SG

  8. Micheline on

    Pour répondre à Séverine, je dirai seulement que ce fameux bocal, il est très difficile à ouvrir quand le plat est chaud. J’ai dû recourir à une pince – je ne suis pas manchote pourtant.
    C’est dire le peu d’intérêt de ces bocaux si la cuisine est bonne.
    J’avoue que je n’ai peut-être pas eu la main heureuse en choisissant le dos de cabillaud qui dans le bocal n’a pas un « look » terrible.

  9. Severine,

    Je me sens obligée de répondre : le « ah ah » que vous n’omettez pas de rappeler est assimilable à un « lol » mais je ne pratique pas ou très peu les acronymes. Il invite le lecteur à prendre le sens de la phrase au second degré.

    D’autre part, je n’ai en aucun cas remis en question les étoiles gagnées perdues rejetées (ce que vous voulez) de Marc Veyrat, que j’admire par ailleurs depuis très longtemps. Mais je vous remercie de rappeler son palmarès.

    Enfin, concernant la cuisine que pratiquent certains foodtrucks, je ne suis pas experte ni même en ai la prétention d’autres le sont vraiment, j’en ai testés quelques uns qui pratiquaient une cuisine bien plus qualitatives que certains restaurants. On parle de fastgood, avec des ingrédients frais sélectionnés, cuisinée devant vous et au moment. D’où ces files d’attente sur les trottoirs.

    Je vous laisse Severine,
    le devoir m’appelant moi aussi

  10. J’aimais beaucoup ce que Veyrat proposait au Cosna Vera à Annecy (je suis annécienne). plats en bocaux particulièrement bons et desserts terribles (son fameux baba à la chartreuse). Je me suis posée la question de savoir si j’irai goûter aux bocaux de son foodtruck lorsque j’ai reçu le DP. Personnellement, faire un foodtruck parce que c’est dans l’air du temps, ce n’est pas ce que j’attends de lui même s’il était à l’aise sur le principe au Cosna Vera. J’ai plus hâte d’aller à la Maison des Bois à Manigod.

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