Victoire du beurre par KO, le lobby de la margarine s’avoue vaincu

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Souvenez-vous, il y a encore quelques années, un duel de l’ombre opposait le beurre à la margarine. Sur nos télévisions au moins. La margarine tirait profit d’un matraquage publicitaire féroce et de son image healthy. Le beurre, lui qui passait déjà pour un produit ringard face à l’huile d’olive et au régime méditerranéen, n’avait décidément pas le vent en poupe face à la margarine.

beurre

Mais voilà, aujourd’hui la donne a changé et si le beurre ne convertira peut être jamais les aficionados de l’huile d’olive extra-vierge, tout le monde s’accorde à dire que la margarine ne fait pas le poids. Antoine Bernard de Saint-Affrique, directeur-général d’Unilever, avoue lui-même que son groupe « a été obsédé ces vingt dernières années, beaucoup trop obsédé, par l’opposition de la margarine au beurre ». Que s’est-il passé alors pour en arriver à un tel constat ?

Allez conseiller à Pierre Hermé d’utiliser de la margarine dans ses créations : il mourra probablement d’un arrêt cardiaque dans les minutes qui suivront.

Soyons honnêtes, pas besoin d’être Robuchon pour comprendre que cuisiner à la margarine donne des résultats décevants. La margarine est une graisse alimentaire obtenue à partir de d’huiles végétales ou de graisses animales : en clair, elle vous donnera une bonne satisfaction pour les fritures mais impossible de faire une sauce correcte à base de margarine. Votre hollandaise à la margarine tournera rapidement en huile et votre béarnaise ne montera jamais.
Ne parlons pas de la pâtisserie, allez donc conseiller à Pierre Hermé d’utiliser de la margarine dans ses créations et il sera probablement victime d’un arrêt cardiaque dans les minutes qui suivront. C’est une grossière insulte envers le chef que de vouloir substituer la margarine à son bon beurre d’Isigny. Mais aux Etats-Unis, le marketing pro-margarine s’est révélé bien plus efficace : les ventes annuelles avoisinaient les 320 millions de dollars en 2000.

Mais voilà, la supercherie est d’autant moins tenable que l’opinion publique est aujourd’hui plus sensible à la présence d’additifs, d’huile de palme et d’autres huiles hydrogénées. Résultat : les ventes de margarine ont baissé de 100 millions de dollars en 10 ans.
Quant au truisme qui veut que la margarine soit moins grasse que le beurre, c’est archi-faux, cf. le gastroentérologue Patrick Tounian. Difficile donc de labelliser la margarine comme un produit « bon pour la santé ». À Isigny, on pousse un ouf de soulagement, le beurre est sauf et a encore de beaux jours devant lui.

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Co-fondatrice du Grumeau, Alice parcourt inlassablement Paris (et le monde) à la recherche des dernières bonnes adresses.

5 commentaires

  1. Non mais !!!! De toutes les façons, en général, nos amis américains ne sont pas franchement connus pour leurs connaissances en diététique (mais je les aime quand même). Alors vive le Beurre (et l’huile d’olive, femme du Sud de la France oblige !!!)

  2. vive le beurre et arrêtons de le diaboliser ! et en effet halte à la croyance que la margarine serait moins grasse,c’est exactement pareil !

  3. Hourrah! Comme souvent, il vaut mieux manger en quantité raisonnable des bond produits naturels de qualité que se gaver de produits pleins d’additifs en espérant avoir (pseudo) bonne conscience!

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