Les baos d’Adeline Grattard, comme une pointe de déception

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Quand une chef étoilée décide de reconvertir son restaurant en échoppe street food ça donne quoi ? Yam’Tcha s’est rapidement fait un nom à Paris comme une des références de la cuisine fusion, on a donc voulu tester les baos concoctés par la chef Adeline Grattard.

bao adeline grattard

Le bao, mode d’emploi

Après une longue journée studieuse, on s’arrête rue Sauval. Le comptoir ne passe pas inaperçu, il pointe le bout de son nez de telle sorte qu’on peut commander sans quitter le trottoir. A l’intérieur, c’est la chef elle-même qui assure le service, et explique le concept. Le bao est un petit pain vapeur qu’on trouve traditionnellement en Chine ; il est farci de garnitures à base de viande et de légumes. Autant vous dire que quand la cuisine de rue chinoise croise la route de la haute gastronomie française, on s’attend à des étincelles.

bao paris yam tcha

Résultat, le bao sauce française ne nous convainc pas

L’assortiment de 5 baos est facturé 16€, pas excessif pour de la street food étoilée. Sitôt rentrés à la maison, on fait réchauffer les bao à la vapeur et on déguste. Le résultat est plutôt décevant : le pain vapeur manquait un chouia de moelleux mais ce sont surtout les garnitures qui nous dérangent. Celle au comté et oignons doux est de bonne facture, la saveur riche du comté se marie bien avec les oignons. Celle à la crevette est plus décevante, on aurait aimé une sauce enrobante plus dense. Celle au Stilton est aussi déconcertante, ce fromage anglais très odorant est associé à une cerise amarena qui ajoutait un surplus de sucre pas nécessaire. Dommage qu’il ne reste plus de bao au poulet, on aurait aimé lui donner sa chance.
Adeline Grattard a pris le parti de proposer des garnitures inspirées des plats qu’elles servaient dans son restaurant. Audacieux, mais ça ne passe pas.

bao adeline grattard yam tcha

Côté sucré, le bao devient trop roboratif

Le bao d’Adeline Grattard se décline également en version sucrée. Ce soir-là, c’est pomme bergamote. Imaginez une petite brioche vapeur fourrée d’une compotée de pommes. Celle-ci est bien réalisée et juste relevée d’une pointe de bergamote. Mais l’ensemble est un peu tristounet et au risque de vouloir de verser dans le régressif on aurait aimé quelque chose de plus gourmand.

Prix : 16€ pour 5 baos. 

• LE COMPTOIR À BAO DU YAM’TCHA •
4, rue Sauval, 75001 Paris | 01 40 25 08 07
Quartier : Louvre-Rivoli/Les Halles/Saint-Honoré/Châtelet

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5.0 Avis mitigé

Le bao d'Adeline Grattard, chef du Yam'Tcha, a de quoi décevoir. Il manque la gourmandise moelleuse de la version traditionnelle et de ses garnitures aux sauces démoniaques. Mais revenons dans quelques semaines quand le concept sera plus rôdé. Bref le b.a.-ba du bao est à revoir. Et 16€ les 5 baos, c'est franchement pas donné.

  • Cuisine 5
  • Prix 5

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2 commentaires

  1. Micheline on

    Décevant, c’est le mot. Est-ce parce-ce que le BAO ne supporte pas d’être réchauffé ?

    • Bonjour Micheline, ce n’est pas un problème de réchauffement, j’ai mangé sur place, mais les miens de ce jour là ne sont pas assez cuits, la pâte est collante. Si les bao sont bien faits, ils supportent très bien d’être réchauffés, ce sont même meilleurs quelques fois!

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